Expo en cours

L'œuvre ornée de Mario Prassinos

Du 20 Juillet 2017 au 04 Novembre 2017
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La Cité de la tapisserie est présente hors les murs, avec une exposition à l’Église du Château de Felletin (23) consacrée à l’artiste Mario Prassinos (1916-1985), en co-commissariat avec l’expert Catherine Prassinos et le conseiller artistique et scientifique Thierry Rye, du 20 juillet au 4 novembre 2017. Une exposition réalisée en partenariat avec Felletin Patrimoine Environnement. 

L'EXPOSITION

L’exposition présente une sélection d’une trentaine d’œuvres de l’artiste, selon deux axes privilégiés par les commissaires :

- Les portraits : Prétextats et Pèretextats

- Les « arbres », les « bouquets », ainsi que des « verdures » des dernières années de la production de l’artiste.

De nombreux prêts de grandes institutions permettent cette exposition : Musée de Arnhem (Pays-Bas), Musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine (Angers), Mobilier national, FRAC Limousin, l’Abbaye-école de Sorèze / Musée Dom Robert et de la tapisserie du XXe siècle(Tarn), Centre national des arts plastiques (donation Mario Prassinos) aux côtés de pièces provenant de collections privées. 

Courant 2018 sera publié le catalogue raisonné de l’œuvre tissé de Mario Prassinos incluant également d’autres incursions de l’artiste dans le domaine des Arts décoratifs, en particulier la céramique.

L'ŒUVRE ORNÉE DE MARIO PRASSINOS

Mario Prassinos a dès le début de sa carrière artistique exploré les techniques à sa portée, peinture, dessin, gravure, sculpture, tapisserie, allant simultanément de l’une à l’autre, toutes se nourrissant les unes des autres.

Ainsi les Arts décoratifs ont tenu une grande place dans l’œuvre de Mario Prassinos, décoration de vases et de plats, (Manufacture de Sèvres, Cité de la Céramique), de reliures de couvertures, (Collection Bonet-Prassinos, Éditions Gallimard), de décors et costumes de théâtre et d’opéras.

Les grandes fresques murales d’Aubusson, Aix en Provence, Nancy, Sisteron, Toulouse, des murs ornés de peinture, de céramique ou de mosaïque de couleurs vives, sont esthétiquement et formellement très proches des tapisseries de Mario Prassinos. Les préoccupations de l’artiste restent les mêmes, les murs de laine deviennent des murs de pierre.

Dans Le petit traité du carton de tapisserie écrit en 1967 Mario Prassinos dit : « Destinée à des lieux précis, à des fonctions architecturales la grande tapisserie fait penser au théâtre. Ce n’est pas par caprice que certaines de mes grandes tapisseries portent le nom de tragédies de Shakespeare.

En 1963, à la Scala de Milan, Macbetto de Verdi monté par Jean Vilar fut représenté devant une énorme reproduction de la tapisserie Macbeth tissée des années auparavant.

Picasso qui a dit en visitant en 1938 la première exposition personnelle de Mario Prassinos : « Bravo, c’est très joli ! », compliment qui a troublé le jeune peintre dont les peintures représentaient des monstres grimaçant en train de s’entre tuer, trouvait de même très « jolies » les sculptures « nègres » qu’il allait voir à la même époque au musée d’Art Ethnographique, qui étaient bien qu’effrayantes et menaçantes souvent gracieuses et belles. Picasso avait raison si il y a dans l’œuvre multiforme de Mario Prassinos du tragique et du spectaculaire, il y a aussi un goût de l’ornement, une élégance une virtuosité naturelle.

En 1985 son œuvre ultime, onze grandes peintures d’arbres qui ornent une chapelle à Saint Rémy de Provence ont été conçues par l’artiste comme un décor, l’éclairage modulable permettait d’en accentuer l’aspect théâtral de le transformer en une forêt inquiétante ou au contraire en un parc accueillant.

MARIO PRASSINOS, PEINTRE-CARTONNIER

En tant qu’artiste de la tapisserie, Mario Prassinos appartient au mouvement des peintres cartonniers dans la deuxième moitié du XXe siècle.

La première tapisserie de Mario Prassinos remonte à 1952. C’est Jean Lurçat qui l’initie à la technique du carton numéroté, technique qui séduit Mario Prassinos en ce qu’elle impose la création d’une image mentale colorée préalable à l’exécution du carton par les lissiers. Cette pratique est à l’opposé de celle de la peinture, travail solitaire, et dans son cas très différent stylistiquement de la tapisserie. Il a compris qu’il fallait trouver un langage adapté à la laine et aux tapisseries de très grands formats. Si l’on retrouve dans ses préoccupations esthétiques des similitudes entre tapisserie et gravure, il en existe peu entre tapisserie, peinture et dessin, sauf dans le cas de tapisseries de haute lisse qui ont été tissées d’après des encres de Chine sur papier ou des huiles sur papier.

Prassinos expose en 1953 ses premières tapisseries chez Gallimard. Il fournira plus de 150 cartons pour les ateliers Goubely à Aubusson et pour le Mobilier national une dizaine de tapisseries monumentales sur les thèmes de Shakespeare, de la Colline, de l’Arbre, du Suaire. De 1952 à 1975, il expose régulièrement ses tapisseries à la galerie La Demeure à Paris et de 1964 à 1973 à la galerie Colette Ryter à Zurich. Son œuvre tissé sera récompensé du Grand Prix de la Triennale de Milan en 1957 et de celui de l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958.

Catherine Prassinos, Paris ADAGP 2017

Infos pratiques

"L'œuvre ornée de Mario Prassinos", une exposition de la Cité internationale de la tapisserie, en co-commissariat avec Catherine Prassinos et Thierry Rye, en partenariat avec Felletin Patrimoine Environnement.

Église du Château de Felletin, 20 juillet au 4 novembre 2017.

Billet jumelé avec les expositions de la Cité internationale de la tapisserie : 9,50 €.

Pour en savoir plus sur l'œuvre de Mario Prassinos, découvrez le site : www.marioprassinos.com