Centre de ressources

Les fonds documentaires

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En s’implantant avec la Cité sur le site de l'École Nationale d'Art Décoratif d'Aubusson, le centre de documentation de la tapisserie fusionne avec la bibliothèque de l’École fondée en 1884. Cette fusion permettra de constituer un ambitieux centre de ressources au sein de la Cité de la tapisserie. Avec les 6 000 ouvrages spécialisés de l'ancien centre de documentation départemental, le fonds comptera plus de 12 000 ouvrages.

Étroitement lié à l’activité de production de tapisseries et de tapis, le centre de ressources se composera de plusieurs fonds documentaires spécifiques. Une campagne de numérisation et des opérations ciblées d’enrichissement contribueront à faire naître un ensemble documentaire de niveau international, dans un lieu d’accueil de qualité pour les chercheurs et les artistes. 

La bibliothèque de l'ENAD

Ouverte en 1884 à la suite d’une école municipale d’art, l’École a été pourvue d’une impressionnante collection d’ouvrages relatifs à la tapisserie et une collection d’ouvrages anciens d’une grande rareté. L’examen des livres d’inventaire a pourtant montré une grande perte dans les ouvrages anciens : la plupart des ouvrages entrés dans la bibliothèque entre 1884 et 1914 ont disparu, peut-être dispersés ou transférés lorsque l’École a été transformée en hôpital militaire pendant la première guerre mondiale. 

En parallèle d’ouvrages récents spécialisés textile et tapisserie, la bibliothèque comprend un fonds complet sur la création contemporaine (arts plastiques, architecture, design, etc.), cohérent avec l’ambition de la Cité de devenir un lieu de recherche et d’expérimentation pour les créateurs contemporains. À ces fonds s'adjoignent les archives de l'École, pour la plupart des correspondances d'artistes.

Dès la fin du XIXe siècle, les bases d’une future bibliothèque avaient été esquissées par Louvrier de Lajolais, premier directeur de l’École Nationale d’Arts Décoratifs d’Aubusson :

« […] Spéciale pour l’industrie de la tapisserie ; livres gravures, photographies, modèles et maquettes, dessin, aquarelles, gouaches, peintures à l’huile, à l’essence, etc. […] Représentation locale (Aubusson, Felletin). Histoire et époque contemporaine. Relevé des récompenses aux Expositions nationales et internationales. Portraits des industriels ; livres et brochures, documents locaux, citations […] dans les études des notaires et extraits d’actes pouvant servir à reconstituer l’histoire industrielle locale. »

Créé en 1982 juste après l’ouverture du musée, le centre de documentation est composé d’une bibliothèque, d’un fonds documentaire et d’un fonds d’archives. On peut y retrouver l’ensemble des orientations évoquées par Louvrier de Lajolais, toutes destinées à étudier et à faire mieux connaître une activité à la fois artistique et industrielle, que ses six siècles d’histoire ont rendue particulièrement riche.

La bibliothèque du centre de documentation départemental (6 000 livres)

Elle regroupe des ouvrages généraux sur la tapisserie, le tapis et le mobilier garni en tapisserie. La tapisserie d’Aubusson y est naturellement très présente, mais les autres lieux de production y figurent également, avec la volonté de dégager l’aspect universel de l’art tissé. Les catalogues d’exposition forment plus de 30 % des imprimés. Ils permettent de suivre les étapes de l’art de la tapisserie, principalement au XXe siècle. Des travaux universitaires, des catalogues raisonnés ou des études de fonds d’ateliers locaux ont apporté ces dernières années une matière scientifique abondante.

Les fichiers documentaires, d’artistes, thématiques ou topographiques

Ces dossiers réunissent des articles de presse, des cartons d’invitation, des brochures, etc., et suivent l’actualité artistique et éditoriale. A partir de divers dépouillements, du suivi de fiches de ventes à l’international, le service de documentation a créé des bases de données et a établi des répertoires de peintres cartonniers, de collections publiques et privées, de titres d’œuvres…
Cette documentation interne permet de répondre aux demandes de recherches extérieures.

La base iconographique

Cette base constitue un fonds important. Elle est alimentée en grande partie par les photographies de tapisseries passées en vente publique, classée par sujets ou par artistes pour le XXe siècle et complétée par un suivi des résultats de vente et des cotes. Les acquisitions, les dons d’archives d’ateliers ou de galeries, constituent un autre volet de la banque d’images, sous des formes diverses : plaques de verre, albums reliés, diapositives, reportages photographiques, affiches, cartes postales, etc.

Des ressources audiovisuelles

Films et cassettes vidéo, enregistrements audio sur cassettes, etc., ces documents fournissent des témoignages sur les métiers de la tapisserie, sur les lieux de fabrication, sur les artistes. Un précieux matériel d’enquêtes (interviews de fabricants, de teinturiers, de lissiers, réalisées dans les années 1980) donne accès à des savoir-faire remontant parfois au début du XXe siècle. Un patrimoine progressivement protégé à travers les campagnes de numérisation, dont le résultat est consultable sur la médiathèque de ce site.

Les "archives" 

La partie "archives" du centre de documentation répond à la nécessité de conserver tout ce qui se trouve en amont des tissages, devant, à terme, entrer dans les collections du musée au même titre que les œuvres tissées. Depuis son ouverture, le centre de documentation a pu sauvegarder plusieurs fonds d’ateliers, de galeries et d’artistes, des archives savantes : Louis-Marie Jullien, la galerie La Demeure, l’érudit Louis Lacrocq, les ateliers Tabard, Hamot, Braquenié. Ces archives comprennent des maquettes et des cartons de tapisserie, des gravures, des clichés des œuvres, des registres de fabrication, des registres de vente, mais également des essais tissés, des chapelets de laine correspondant à l’échantillonnage des couleurs d’une future tapisserie… Les archives Tabard indiquent par exemple pour chaque carton, le nombre d’exemplaires tissés et pour chaque exemplaire, la date de montage sur le métier, la date de la tombée de métier, le nom des lissiers employés au tissage.
L’étude de ces fonds est indispensable pour suivre les processus de création et de diffusion, différents selon les époques et les artistes.