Expo en cours

Tapisseries du Monde, accrochage 2018

Du 01 Juillet 2018 au 31 Décembre 2018
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Cette salle est dédiée à la présentation de la variété des usages et l'ancienneté du savoir-faire de la tapisserie, avec des prêts de pièces originaires du monde entier. L'accrochage y est renouvelé chaque année, avec des pièces provenant des collections d'institutions prestigieuses, visibles à partir de l'été et jusqu'à la fin de l'année.

Jusqu'à ce début du mois de juillet, les sculptures chamaniques de Frédérique Morrel avaient pris possession des vitrines de cet espace. Les animaux de cette artiste atypique partis peupler la Cité de la tapisserie, l'espace "Tapisseries du monde" reprend son discours sur l'universalité de la technique de la tapisserie.

L'espace des tapisseries du monde a été conçu afin de montrer que la technique de la tapisserie1 a été utilisée par tous les peuples du monde à un moment donné de leur histoire, pour des usages très variés, le vêtement civil, des objets cultuels ou usuels. La tapisserie ne va ensuite revêtir sa dimension principalement murale qu'en Europe à partir du Moyen Âge. C’est en effet en Europe occidentale que la tapisserie se spécialise en vastes décors muraux, narratifs et décoratifs.

Pour évoquer l'étendue des usages de la tapisserie dans le monde, la Cité de la tapisserie poursuit ses partenariats historiques, en présentant de nouveaux prêts du musée du Quai Branly - Président Jacques Chirac : des pièces représentant l'Asie du Sud Est, la Chine et l'Indonésie, notamment une très belle veste de femme chinoise du début du XXe siècle, réalisée en tapisserie de soie extrêmement fine, mais également le Proche-Orient avec un tapis kilim et le Magreb avec une paire de bottes de femme.

Veste de femme, Kosseu (tapisserie de soie), Chine. Début du XXe siècle. Kosseu de soie, lamé et galons ; laiton. Prêt du Musée du Quai Branly  (Don de Mme Marin). N° inv 71.1962.7.12
Les premiers exemples de tapisseries chinoises datent du IIIe siècle av. J. - C. Cependant, l’âge d’or du kosseu (tapisserie de soie chinoise) arrive bien plus tard, entre le Xe et le XIIIe siècle, durant la dynastie Song. La particularité des kosseu est leur grande finesse, accentuée par des rehauts de peinture afin de définir les plus petits détails de la tapisserie. Cependant, à partir de la dynastie Ming (1368-1644), les rehauts de peinture deviennent de plus en plus importants. Et dès la période Ts’ing (1644-1911), les tissages deviennent autant des œuvres tissées que peintes.

 

Le Musée Bargoin de la Ville de Clermont-Ferrand prête un imposant ornement de palanquin syrien.

Le nouvel accrochage des "Tapisseries du monde" met également en avant des textiles prêtés par la Galerie Berdj Achdjian à Paris, spécialisée dans les textiles du monde entier, permettant de présenter des productions du Magreb, avec un tissage algérien ainsi que du Nord de l'Inde avec un châle cachemire du début du XIXe siècle. 

 

Des pièces exceptionnelles de l'incroyable collection de textiles précolombiens du musée des Jacobins

Pour la première fois depuis son ouverture, la Cité de la tapisserie présente des pièces de la très riche collection du Musée des Jacobins à Auch. Le visiteur pourra ainsi découvrir notamment une chemise funéraire ou un fragment de bande cultuelle datés entre 100 et 650 après J. - C. !

Chemise funéraire, Pérou, côte sud, Nasca, 100-650 ap. J.-  C. Tissage de laine de camélidés. Prêt Musée des Jacobins, Auch. N° inv 002.03.002
Les tapisseries péruviennes comptent parmi les plus anciens témoignages de cet artisanat. Retrouvées pour la plupart dans des tombes, elles ont pu traverser les siècles à l’abri de l’humidité sans trop se dégrader. Les péruviens tissent depuis le VIIIe s av. J.-C., mais certains archéologues avancent cette date à 2 000 ans avant notre ère. Pour comparaison, la tapisserie européenne se développera pleinement à partir du XIVe siècle. Les Incas utilisaient principalement la tapisserie comme ornement pour leurs tuniques, sacs, blagues à tabac, frondes et ceintures. Ces tapisseries avaient une iconographie particulière, choisie en fonction, notamment, du rang social de leurs propriétaires.
 
Les fonctions murale, narrative et décorative de la tapisserie sont quant à elles des spécialisations d'Europe occidentale. Elles semblent se développer en Allemagne dans une région comprise entre la vallée du Rhin et Aix-la-Chapelle entre le XIIe et le début du XIIIe siècle, d’abord pour le décor liturgique des églises et cathédrales.
Puis la fabrication se répand au cours du XIIIe siècle notamment dans les Flandres et en France.  À partir du XIVe siècle des commandes princières lancent le tissage de grandes suites de tapisseries, des tentures, comme celle de l’Apocalypse, aujourd’hui conservée au château d’Angers. Les ateliers se multiplient au cours du temps à travers toute l’Europe et les vastes tentures murales déroulent une histoire d’origine religieuse, littéraire ou mythologique. Elles participent du décor intérieur, contribuent à l’isolation thermique, permettent d’afficher le statut social du commanditaire et peuvent aisément être transportées. 
Cette période est illustrée par La Délivrance de saint Pierre, tapisserie du XVe siècle issue des collections du Musée de Cluny.

 

1. La tapisserie est un tissu, dont la particularité est que le tissage est réalisé en recouvrant entièrement une chaîne par la trame qui dessine les motifs, elle-même interrompue à chaque changement de couleur, permettant ainsi d'obtenir un tissu avec une grande variété de couleurs et de motifs sans en augmenter l'épaisseur.