Œuvres tissées

The Trolls

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D’après une aquarelle originale de J.R.R. Tolkien pour The Hobbit, 1937, tapisserie 4m x 3m, tissage Atelier Guillot Aubusson, Aubusson 2019. Collection Cité internationale de la tapisserie. © The Tolkien Estate Limited 1937.

Après être tombés du métier dans l’Atelier Guillot, les Trolls ont envahi l’amphithéâtre de la Cité internationale de la tapisserie le mercredi 11 septembre 2019. Cette sixième tapisserie, la plus grande du projet « Aubusson tisse Tolkien », a été dévoilée en présence d’Alain Rousset, Président de la Nouvelle-Aquitaine, ému par sa première tombée de métier.

« C’est très émouvant, c’est la première fois que je vis une tombée de métier » a confié Alain Rousset, surpris et touché par la transposition de l’oeuvre de Tolkien en tapisserie monumentale, la plus grande la tenture. Pour lui le projet est un « joli clin d’oeil » connectant la tapisserie et l’art contemporain, dans une grande région riche de ses « artisans, une culture avec une visibilité incroyable, qui apporte de la beauté ».

Marcel Aubron-Bülles, fondateur de la German Tolkien Society, découvrait également Aubusson et assistait pour la première fois à une tombée de métier. Après avoir eu l’occasion de couper quelques fils de chaîne afin de libérer la tapisserie du métier à tisser, il a pu ressentir l’émotion de la révélation d’une œuvre tissée, pour la première fois en entier : « J’ai eu la chance de couper les fils, ce qui était vraiment épatant ! » Ce spécialiste de l’univers de Tolkien a ainsi découvert la richesse des tapisseries de la Tenture Tolkien, qui révèlent dans leur dimensions monumentales de nombreux détails des œuvres graphiques de Tolkien. « Voir l’art de Tolkien à une si grande échelle et avec une telle beauté, c’est vraiment incroyable. Ça valait vraiment le coup de venir ! »

 

Retrouvez les images de la tombée de métier :

 

L’œuvre

L’aquarelle originale

Le Hobbit a été rédigé entre la fin des années 1920 et le début des années 1930 pour amuser les jeunes enfants de Tolkien. Il raconte l’histoire de Bilbo Baggins (version originale, dit Bilbon Sacquet dans la 1ère traduction et Bilbo Bessac dans la nouvelle), embarqué malgré lui par le magicien Gandalf et une compagnie de treize nains dans leur voyage vers la Montagne Solitaire, pour récupérer leur trésor gardé par le dragon Smaug. Le livre est paru au Royaume-Uni en 1937.

Le Hobbit (Extrait - Chapitre 3 « Une brève halte »)

« Armés des sacs qu’ils utilisaient pour emporter leur butin, mouton ou autre, ils attendirent dans l’ombre. Chaque fois qu’un nain arrivait en haut et apercevait le feu, les pichets renversés et le mouton à moitié dévoré, hop ! Un sac puant lui tombait dessus à l’improviste et il était fait prisonnier. (…)

« Ça leur apprendra ! dit Tom ; car Bifur et Bombur leur avaient causé beaucoup d’ennuis, se débattant comme des forcenés, ainsi que le font les nains lorsqu’ils sont pris au piège. Thorin arriva en dernier - sans se laisser prendre par surprise. Il avait flairé le danger et n’eut pas besoin de voir les jambes de ses compagnons dépasser des sacs pour se rendre compte que quelque chose ne tournait pas rond. Il se tint dans l’ombre à quelque distance et lança avec fermeté : Qu’est-ce qui se passe ici ? Qui ose tabasser mes gens ? Ce sont des trolls ! dit Bilbo, caché derrière un arbre. Ceux-ci l’avaient complètement oublié. « ils se terrent dans les buissons avec des sacs », dit-il. »

 

Un tissage librement interprété

L’œuvre originale étant uniquement en noir et blanc, pour la première fois depuis le lancement du projet Tolkien la réalisation du carton a été laissée au soin des lissiers Patrick et Marie Guillot et Nathalie Mourevoux – tâche habituellement assurée par la cartonnière en charge de l’ensemble des cartons de la Tenture, Delphine Mangeret.

L’atelier Guillot a donc choisi les matériaux et les couleurs nécessaires à la réalisation de la tapisserie. Les lissiers ont fait appel à la technique dite de « multiples contextures » utilisant différentes épaisseurs de tissage, plusieurs matières (la laine, le coton, le lin et la soie) et de nombreuses nuances de noirs et de blancs. Les lissiers ont ainsi choisi de jouer sur les fibres et les couleurs pour donner de la luminosité et du relief.

Après un long travail préparatoire, 4 mois de tissage ont été nécessaires pour réaliser cette tapisserie de 12 m2 et faire surgir les Trolls du fond de cette forêt obscure et lugubre. Un travail de patience et de longue haleine que le Président de Région n’a pas oublié de souligner : « L’allégorie du temps ressemble à la fabrication et à la conception d’une tapisserie. »