Appels à création

La Rivière au bord de l'eau

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Olivier Nottellet, 3ème Prix - Appel à création contemporaine 2010

Olivier Nottellet a reçu le troisième prix de l’appel à projets 2010 pour La Rivière au bord de l’eau. La maquette a été réalisée par l'artiste à l’encre de Chine et à la gouache bleue sur papier (60 cm ht. x 80 cm l.). Le tissage en basse-lisse (300 cm ht x 400 cm l.) a été réalisé par l’atelier Bernard Battu à Aubusson.

Olivier Nottellet utilise essentiellement le noir et le blanc pour travailler l’impact visuel de la forme, pour mettre en scène des masses graphiques qui se détachent du vide. Une atmosphère de trouble est créée. Dans cet univers complexe, l’œil du spectateur ne sait pas s’il faut se concentrer sur le noir qui se répand ou sur les formes blanches qui surgissent. “C’est justement l’enchevêtrement, inextricable parfois, qui lie mémoire, représentation, évocation, persistance rétinienne, c’est bien tout cela qui fonde mon activité”, explique l’artiste.

Ses dessins sont d’abord créés à l’encre de Chine dans des carnets de format classique, comme une matière première ensuite agrandie, retravaillée. Jouant sur la ligne et la forme, Olivier Nottellet crée une matière noire fluide, sorte de masse qui flotte, roule ou coule. Cette fluidité est particulièrement présente dans La Rivière au bord de l’eau par l’atmosphère aquatique qui caractérise la maquette. L’écriture technique du lissier a permis de transposer cet univers en tapisserie: les masses noires ont été réalisées en triple chaîne pour obtenir un point de tissage plus fort, avec un ajout de fibre de verre à la laine pour donner du relief à cette matière, centrale dans l’œuvre de Nottellet. Un clin d’œil habile aux éléments fantastiques présents dans ses œuvres, qui prennent pourtant la réalité comme point de départ.

Dans son travail, l’artiste s’affranchit des distinctions traditionnelles : il se situe toujours à la limite entre figuration et abstraction, entre dessin et sculpture, entre formes et matériaux. Jouant avec les codes de l’abstraction lyrique de l’après-guerre, il réutilise des écritures formelles – évoquant par exemple Georges Matthieu ou Pierre Soulages, maître de l’abstraction – et en dégage une écriture figurative. L’ambiguïté entre le plein et le vide, entre le fond et la forme est renforcée par le contraste qu’induit la couleur dans ce flux noir et blanc.

S’appuyant sur la force immersive du médium tapisserie et sur le fait que le travail d'Olivier Nottellet articule dessins, objets et installations, la Cité de la tapisserie a demandé à l’artiste de réfléchir à un espace spécifique qui permettrait d’accueillir et de mettre en valeur cette œuvre. Olivier Nottellet a ainsi créé un ensemble d’objets qui viennent accompagner le visiteur dans cette situation de regardeur qui lui est proposée : une petite table en bois, écrin, vitrine, qui isole un geste suspendu ; un panneau, comme un "piège à regardeur", qui offre d’un côté un viseur, pour solliciter l’attention et permettre de recadrer sans fin, et de l’autre un rétroviseur, une grande surface noire qui réfléchit celui qui la regarde dans la tapisserie elle-même, au milieu des lignes et des formes ; enfin, des tabourets, qui permettent de regarder plus longtemps, de scruter les détails. L'installation a été présentée pour la première fois au public en 2015 à l'occasion de l'exposition d'été de l'Église du Château de Felletin, dont la Cité assure le commissariat chaque année.

Olivier Nottellet est né en 1963. Il a débuté sa carrière artistique dans les années 1990, après des études à l’École supérieure des Beaux-Arts de Metz. Aujourd’hui enseignant à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon, il est représenté par la galerie Martine et Thibault de la Châtre à Paris.