Les actus de la cité

2 ateliers, 3 rendez-vous en famille pendant les vacances de Noël

15.12.2016
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Deux ateliers jeune public, trois dates à ne pas manquer pendant les vacances de Noël.

Atelier Peau de licorne (5 à 10 ans)

Les enfants se plongent dans la fabuleuse œuvre d’art Peau de licorne de l’artiste Nicolas Buffe (Grand prix 2010 de la Cité de la tapisserie). Ils y découvrent une multitude de représentations illustrant une folle chasse à la licorne parsemée de personnages de bandes dessinées et de motifs décoratifs anciens. Une table tactile et un grand livre frise font découvrir la grande histoire de cette licorne et aussi comment elle a été fabriquée.

Un atelier de dessin permet aux enfants de créer leur propre Peau de licorne, à leur façon et en s'inspirant du travail de l’artiste.

Durée de l'activité : environ 1h30.

Atelier Verdures à feuilles de choux (5 à 10 ans)

Les enfants entrent dans le paysage mystérieux et fantastique d’une tapisserie à "feuilles de choux" du XVIe siècle. Griffon, dindon, loup, lion, renard, oiseaux, etc.,  se cachent ou apparaissent dans une énorme végétation à larges feuilles avec en arrière-plan, des paysages lointains et des villages. À la suite de cette découverte, les enfants sont invités à réaliser au sol un puzzle géant de la tapisserie.

Et plus encore, un atelier de dessin offre la possibilité de créer sa propre tapisserie à feuilles de choux avec, notamment, des animaux (réels et fantastiques) en décalcomanies.

Le grand journal La feuille de choux permet de continuer à la maison l’exploration des tapisseries de ce type et de faire de nouveaux jeux en lien avec elles.

Durée de l'activité : environ 1h30.

 

 

Infos pratiques

Ateliers Peau de licorne : dimanche 18 décembre 2016 et jeudi 22 décembre à 15h30. Réservation obligatoire (atelier limité à 12 enfants de 5 à 10 ans, les adultes accompagnant pouvant participer) au 05 55 66 66 66.

Atelier Verdures à feuilles de choux : mercredi 21 décembre 2016 à 15h30. Réservation obligatoire (atelier limité à 12 enfants de 5 à 10 ans, les adultes accompagnant pouvant participer) au 05 55 66 66 66.

Tarif des ateliers : 5 € par enfant, entrée au tarif réduit de 5 € pour les adultes accompagnants donnant accès à l'ensemble des espaces d'exposition.

Les actus de la cité

La tapisserie française, Du Moyen Âge à nos jours

22.12.2017
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La Cité internationale de la tapisserie est partenaire des Éditions du Patrimoine - Centre des Monuments nationaux pour la saison consacrée à la tapisserie "En lices !". Cette saison se clôture par la publication d'un beau livre exceptionnellement illustré, notamment par nombre d'œuvres des collections de la Cité de la tapisserie, et qui présente des textes de plusieurs membres du conseil scientifique de la Cité : La tapisserie française, Du Moyen Âge à nos jours.

La saison "En lices !"

En 2017, le Centre des monuments nationaux a mis en lumière l'art et le patrimoine souvent mal connu de la tapisserie à travers la saison culturelle "En lices ! Les tapisseries au fil des monuments nationaux". Du château de Châteaudun au Palais du Tau à Reims, en passant par l’abbaye de Cluny ou le château d’Angers, près d'une dizaine d'expositions ou de parcours permanents renouvelés ont été consacrées aux collections de tapisseries, dans les plus beaux monuments de France. La Cité internationale de la tapisserie est partenaire de l'événement, à travers des prêts d'œuvres : jusqu'au 14 janvier 2018, le Centre des Monuments nationaux présente le travail architectural et sonore de Cécile Le Talec, Grand Prix 2011 de la Cité de la tapisserie, à l'Abbaye de Cluny en Saône-et-Loire, avec deux installations : Panoramique polyphonique et Nuées.

Une monographie richement illustrée

Dans le cadre de la saison 2017 "En lices !", les Éditions du Patrimoine publient une ample monographie parcourant plus de cinq siècles de chefs d'œuvres tissés. Coordonné par Benoît-Henry Papounaud, l'ouvrage présente de nombreuses illustrations en couleurs issues des collections de la Cité de la tapisserie depuis le XVIe siècle jusqu'aux pièces contemporaines. Bruno Ythier, conservateur de la Cité de la tapisserie co-signe un article consacré au XXe siècle avec Rossella Froissart, professeur d'histoire de l'art contemporain à l'université d'Aix-Marseille. Le lecteur y retrouvera également une contribution de Nicole de Reyniès, conservatrice générale honoraire du patrimoine et membre du conseil scientifique de la Cité de la tapisserie.

Le sommaire

Préface, Philippe Bélaval

Introduction : La tapisserie, reflet de l’histoire

Benoît-Henry Papounaud

I : La tapisserie française du Moyen Âge au XIXe siècle

- Exubérance et démesure d’un art. L’émergence de la tapisserie au Moyen Âge

Fabienne Joubert

- De laine, de soie et de prestige. L’essor de la tapisserie au XVIe siècle

Audrey Nassieu-Maupas

- Un âge d’or, de culture et de gloire. La tapisserie en France au Grand siècle

Nicole de Reyniès, Clotilde Roy

- Un fabuleux chant du cygne. La tapisserie en France au XVIIIe siècle

Jean Vittet

- Entre passé et renouveau. L’art et l’esprit de la tapisserie au XIXe siècle

Barbara Caen

II : La tapisserie contemporaine

- Du tissage à l’art textile. Métiers et décors au XXe siècle

Rossella Froissart, Bruno Ythier

- Un médium entre les arts. Le statut de la tapisserie contemporaine

Françoise Ducros

- Un art contemporain de tradition et d’audace. La création au Mobilier national

Marie-Hélène Bersani

ANNEXES

Techniques de restauration contemporaines et de conservation des tapisseries au Mobilier national

Laurence Montlouis, Agnès Marrast

- Bibliographie

- Glossaire

- Index : lieux, personnes, oeuvres

- Notes

  

 

Infos pratiques

Le plus !

En complément de l'ouvrage La tapisserie française, les Éditions du Patrimoine proposent un album documentaire de coloriages dans lequel on retrouve notamment la Verdure fine aux armes du Comte de Brühl et Panoramique polyphonique (collection de la Cité internationale de la tapisserie). 

Découvrez le site consacré à la tapisserie par le Centre des Monuments nationaux.

Les actus de la cité

Colette ou les secrets de la Manufacture Braquenié

22.12.2017
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Colette de la Terrade, c'est une web-série en douze épisodes, à mi-chemin entre humour et témoignage. En deux à trois minutes par épisode, Colette et ses amies Michèle et Sylviane, des anciennes de la manufacture Braquenié, nous livrent avec truculence les anecdotes de leurs années passées dans cette importante manufacture de tapisserie qui a fermé ses portes en 1992.

De Gaulle, pis de chèvre, Sainte-Barbe et licornes !

Colette et Michèle étaient restauratrices à la manufacture Braquenié, Sylviane faisait toutes les paies à la main, et ne manquait pas une occasion de se glisser dans les ateliers. C'est avec une grande facilité qu'elles se sont prêtées au jeu, ravies de raconter "leur fabrique" à la caméra de Perrine Nouvier. 

Au fil de leurs histoires évoquant à la fois le métier, la vie très animée du quartier tapissier d'Aubusson, et des anecdotes (bien) plus croustillantes, c'est tout l'univers familial et bienveillant de cette manufacture qui nous apparaît. On se plonge dans l'effervescence de l'époque faste de la tapisserie – la manufacture a accueilli jusqu'à 80 employés. 

Hommage à la "grande famille" Braquenié, ce récit pétillant de la vie quotidienne dans les ateliers est à découvrir ou redécouvrir sur la chaîne Youtube de la Cité de la tapisserie.

Et on démarre par la venue du Général De Gaulle, bien vite éclipsé par les œillades des jeunes militaires...

 

Les actus de la cité

Le premier "tissage Tolkien" a débuté à la Cité de la tapisserie

21.12.2017
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Le projet « Aubusson tisse Tolkien », dévoilé début 2017, va encore se déployer sur les quatre prochaines années. Au cœur de la « ruche » de la Cité de la tapisserie, les visiteurs sont invités à découvrir la fabrication de l’exceptionnelle tenture Tolkien au fil des tissages tirés de 14 aquarelles originales du célèbre auteur de Bilbo le Hobbit.

La définition des grands principes techniques et esthétiques des futures tapisseries a été établie par le comité de tissage constitué de la cartonnière, d’un lissier référent et du conservateur de la Cité de la tapisserie.

Premier « tissage Tolkien », l’emblématique Bilbo comes to the Huts of the Raft-Elves, a débuté sur l’immense métier à tisser de la Cité de la tapisserie, mis à disposition de l’Atelier A2 (Aubusson) qui se voit confier ce premier tissage à la suite d’un appel d’offre. La tapisserie de près de 9 m2 « tombera du métier » le 6 avril 2018.

Un défi technique

Après une semaine consacrée au montage de la chaîne sur le métier à tisser, la responsable de l’Atelier A2 France-Odile Crinière-Perrin et ses deux collaboratrices Patricia Bergeron et Aïko Konomi, toutes deux issues de la formation de lissiers1, ont réceptionné les laines fournies par la Filature Terrade à Felletin et teintes spécialement pour le projet par le teinturier aubussonnais Thierry Roger. Pour éviter les disparités et créer l’unité de la tenture Tolkien, la Cité de la tapisserie a en effet pris le parti de fournir aux ateliers chargés des tissages les laines teintes selon les couleurs définies par le comité de tissage et qui seront communes aux différentes pièces.

Débuté au cours du mois de décembre, ce tissage représente un marathon. L’Atelier A2 sera rejoint en janvier par la lissière Françoise Vernaudon qui quittera son propre atelier le temps de cette réalisation. En février, des stagiaires de la formation de lissier seront également associées au tissage.

Au-delà de ce temps limité, les œuvres de la tenture Tolkien représentent un défi technique, car la manière de la tisser déterminée par le comité technique demande une certaine gymnastique aux lissières : renouer avec des techniques très peu usitées aujourd’hui. L’ensemble de la tenture sera en effet tissé selon les techniques qui étaient en usage à Aubusson et Felletin, et plus particulièrement au sein de l’École nationale d’Art décoratif (ENAD) d’Aubusson, à l’époque de la création par J. R. R. Tolkien de la majorité des aquarelles sélectionnées, soit entre les années 1920 et la fin des années 1930. Tisser à la manière d’Antoine Marius Martin – alors directeur de l’ENAD et que l’on considère comme un rénovateur fondamental de la tapisserie –, c’est utiliser uniquement des couleurs pures déclinées en valeurs différentes, des aplats et non des chinés, dans une écriture graphique très marquée par la technique du « battage2 ».

Le public est invité à suivre l’ensemble du processus à travers la visite de l’atelier, organisée chaque semaine les lundis, mercredi et jeudis à 15 h (en groupes accompagnés) ainsi que sur demande le samedi. L’espace de présentation du projet, sa genèse et le travail de préparation au tissage, restera quant à lui en place toute l’année 2018 au sein de la plateforme de création de la Cité de la tapisserie, qui accueillera également ce premier tissage après la cérémonie de la tombée de métier prévue le 6 avril prochain.

 

Découvrez le montage de la chaîne en vidéo :

 

1. La formation de lissier a été mise en place en 2010 par la Cité de la tapisserie et confiée au GRETA du Limousin. Depuis la rentrée 2016, elle a évolué en un Brevet des Métiers d’Art « Art de la tapisserie et du tapis de basse lisse » dont les enseignements sont dispensés au le centre de formation accueilli au troisième étage de la Cité de la tapisserie.

2. Le battage permet de faire interpénétrer deux couleurs par un tissage en hachures, donnant ainsi l’illusion de tons intermédiaires.

 

Partenaires

Fondation d'entreprise AG2R La Mondiale pour la Vitalité artistique

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La Cité de la tapisserie, est soutenue par la Fondation d'entreprise AG2R La Mondiale pour la vitalité artistique, pour l'acquisition d'une maquette de tapisserie de l'artiste vidéaste Clément Cogitore, ainsi que pour le tissage de la première tapisserie d'après les œuvres graphiques originale de J. R. R. Tolkien, Bilbo comes to the Huts of the Raft-Elves. Créée en février 2017, cette fondation d'entreprise dédiée au mécénat culturel s'engage en faveur des territoires, pour la préservation du patrimoine culturel régional, matériel et immatériel, la valorisation de la création contemporaine, ainsi que la promotion des métiers d’art.

Commandes mécénées

eL Seed

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Un projet de création contemporaine en tapisserie d'Aubusson se concrétise grâce à la mobilisation de la Cité de la tapisserie sur le marché des Émirats Arabes Unis : C’est l’aube, d’après eL Seed.

 

Parmi ses missions de soutien économique et artistique à la filière tapisserie, la Cité de la tapisserie a engagé une action de prospection vers les Emirats Arabes Unis en 2016, avec le recrutement d’un Volontaire International en Entreprise chargé de nouer un réseau de contacts et déterminer des artistes importants pour les E.A.U. susceptibles d’être tissés.

Le Sénateur de la Creuse Jean-Jacques Lozach, alors Président de la Cité de la tapisserie, le Directeur de la Cité de la tapisserie Emmanuel Gérard ainsi qu'une délégation de la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Creuse se sont ensuite rendus aux E.A.U pour appuyer cette mission. Plusieurs projets sont en cours de concrétisation, dont certains vont permettre une présence de la tapisserie d’Aubusson dans des lieux prestigieux des Émirats.

Un projet a particulièrement retenu l’attention de la Cité de la tapisserie pour intégrer la section contemporaine de sa collection publique « Musée de France ». Il s’agit d’une maquette proposée par l’artiste franco-tunisien eL Seed, installé à Dubaï. La Cité de la tapisserie a souhaité acquérir une maquette de cet artiste et en faire réaliser un tissage dans le cadre du Fonds régional pour la création de tapisseries contemporaines.

Ce projet, tout à fait représentatif de la nouvelle démarche engagée pour développer des commandes de tapisseries depuis les Émirats, est ainsi initié par une œuvre exemplaire de la création de ponts entre le métier d’art français et l’expression contemporaine d’un artiste du monde musulman, dans la lignée de la labellisation Unesco.

De plus, le travail d’eL Seed s’inscrit dans une démarche d’art mural prometteuse dans la perspective d’un futur investissement de cet artiste dans la tapisserie.

Souhaitant une forte référence de sa future tapisserie à la tradition française, il a réalisé une première maquette en calligraphiant une phrase fétiche de Jean Lurçat : « C’est l’aube d’un monde nouveau, un monde où l’homme ne sera plus un loup pour l’homme », gravée sur son épée d’académicien.

Présenté aux dirigeants de l’Institut du Monde Arabe, ce projet a reçu un soutien et des encouragements écrits de la part de Jack Lang, Président de l’IMA.

L’huile sur toile C’est l’aube est destinée à devenir un tissage de 2,50 m x 2,50 m.

L'artiste s'est rendu à Aubusson en octobre pour une séance de travail et d'échanges autour de la transcription tissée de son œuvre. Accompagné par une cartonnière et par le conservateur de la Cité de la tapisserie, il a déterminé un cahier des charges précis contenant ses intentions pour le tissage, les œuvres des collections pouvant servir de références (notamment Triangles blancs, d'après Alexander Calder). Une partie de l'œuvre a été sélectionné pour servir de base à un échantillon de tissage sur lequel les ateliers de tissage seront jugés dans le cadre d'un appel d'offres qui devrait être lancé en novembre. La tombée de métier de C'est l'aube, première tapisserie de eL Seed et présageant d'une collaboration durable, est envisagée pour l'automne 2018. L'artiste se chargera de la diffusion de son œuvre auprès de collectionneurs et d'institutions muséales, en vue de retissages dans la limite des
7 exemplaires encore possibles.

Né en France en 1981, eL Seed a installé son studio de création aux Émirats Arabes Unis. Les compositions calligraphiques d’eL Seed font appel non seulement aux mots et à leur signification, mais aussi à leur mouvement, qui transporte le spectateur dans un univers surréaliste. eL Seed aborde, à travers son travail, des sujet qui semblent contradictoires, mais qui reflètent la réalité complexe de l'humanité et du monde dans lequel nous vivons.

eL Seed a installé son travail dans l’espace public, les galeries et les institutions aux quatre coins du monde. Des rues de New York, aux favelas de Rio de Janeiro, des bidonvilles du Cap, aux immeubles de Paris, son approche contemporaine vise à rapprocher les peuples, les cultures et les générations.

En 2017, eL Seed remporte le Prix UNESCO Sharjah pour la culture arabe. Il est nommé « Global Thinker » en 2016 par la revue Foreign Policy pour son projet « Perception » dans le quartier des Chiffonniers du Caire. En 2013, il collabore avec Louis Vuitton en décorant de ses calligraphies le célèbre « Foulard d’artiste ».

Commandes mécénées

Clément Cogitore

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L'artiste et réalisateur Clément Cogitore s'est prêté au jeu de l'adaptation d'une œuvre en tapisserie d'Aubusson, grâce au mécénat de la Fondation d'entreprise AG2R La Mondiale pour la vitalité artistique.

Dans le cadre du Fonds régional pour la création de tapisseries contemporaine, et en parallèle des appels à projets lancés chaque année depuis 2010, la Cité de la tapisserie œuvre pour la création en tapisserie d’Aubusson et ainsi soutenir sa filière économique à travers des projets spécifiques, réalisés en partenariat avec des artistes, des architectes, des galeries, des studios ou d’autres institutions.

La Cité de la tapisserie travaille actuellement avec l’artiste et réalisateur Clément Cogitore dans la perspective de créer une tapisserie, résolument contemporaine, adaptée d'une image créée à partir de plusieurs captures d'écran d'images d'actualité de 2011, lors de la révolution égyptienne : Ghost_Horseman_of_the_Apocalypse_in_Cairo_Egypt.jpg. Cette collaboration est le fruit de la rencontre, il y a quelques années, du directeur de la Cité internationale de la tapisserie Emmanuel Gérard avec Clément Cogitore par l'intermédiaire de Jérémy Planchon et Camille de Bayser.

L'acquisition de cette maquette, qui intègre ainsi les collections "Musée de France" de la Cité de la tapisserie, est soutenue par la Fondation d'entreprise AG2R La Mondiale pour la vitalité artistique. Créée en avril 2007, cette fondation d'entreprise dédiée au mécénat culturel s'engage en faveur des territoires, pour la préservation du patrimoine culturel régional, matériel et immatériel, la valorisation de la création contemporaine, ainsi que la promotion des métiers d’art. 

Ghost_Horseman_of_the_Apocalypse_in_Cairo_Egypt.jpg

Clément Cogitore s’intéresse à la tradition de la représentation de la bataille dans l’art, pour ses aspects cinégéniques et sa qualité à produire du récit, de la fiction et du romanesque, s’appuyant là sur l’iconographie de Paolo Uccello et sa Bataille de San Romano (vers 1456).

Pour son projet de tapisserie, Clément Cogitore puise son inspiration dans les images d’actualités des émeutes de 2011 sur la place Tahrir en Égypte. Parmi les plans des émeutes, un séquence a particulièrement été reprise dans le monde entier, car on y voyait apparaître un halo lumineux (un flare1) traversant la foule et évoquant la silhouette d’un homme à cheval. Des internautes du monde entier l’ont alors identifiée à celle du quatrième cavalier de l’Apocalypse, faisant de ces images un nouveau récit.

Travaillant à partir de captures d’écran très agrandies, Clément Cogitore s’intéresse aux relations entre l’image numérique et la tapisserie dans leur rapport commun au pixel. La découverte des savoir-faire est ainsi envisagée comme un temps préparatoire essentiel à la création de la maquette.

"Ce projet s’inscrit dans la lignée de mon travail autour d’images très peu définies, circulant en réseau suscitant récits, croyances ou superstition chez le regardeur par son absence de détails. Par le manque d’information qu’elle communique, l’image devient alors un support de projection de l’imaginaire du spectateur, ouverte à tous les possibles."

L'adaptation technique

L'enjeu technique consiste à interpréter avec le cartonnier et le lissier une image numérique très peu définie, si compressée que les détails en sont absents, et de la traduire en un tissage assez large, donnant une présence forte au textile, dans des dimensions importantes : 5 x 2 m. Pour déterminer les choix de couleurs et de matières, définir le "grain" de la future tapisserie (le calibre du tissage), l'artiste, accompagné par un comité technique constitué par la Cité de la tapisserie, a choisi de faire réaliser des "tirelles", c'est-à-dire de petits échantillons tissés de quelques centimètres de large. Le comité de tissage va ainsi définir un cahier des charges précis pour le tissage de l'œuvre, pour le lancement d'un appel d'offres auprès des ateliers de la région d'Aubusson-Felletin dès la fin de l'automne 2017. La tapisserie rejoindra le Fonds contemporain de la Cité de la tapisserie.

Chapelets de couleurs et échantillons tissés. © Cité internationale de la tapisserie.

1. Un flare est une aberration optique dûe à une diffusion parasite de lumière dans l’objectif de la caméra.

 

Né en 1983 à Colmar, Clément Cogitore vit et travaille à Paris. Il est représenté par la Galerie Eva Hober (Paris) et la Galerie Reinhard Hauff (Stuttgart).

Après des études à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg et au Fresnoy-Studio national des arts contemporains, Clément Cogitore développe une pratique à mi-chemin entre cinéma et art contemporain. Mêlant films, vidéos, installations et photographies, son travail questionne les modalités de cohabitation des hommes avec leurs images. Il y est le plus souvent question de rituels, de mémoire collective, de figuration du sacré ainsi que d’une certaine idée de la perméabilité des mondes. 

Clément Cogitore a été récompensé en 2011 par le Grand prix du Salon de Montrouge, puis nommé pour l’année 2012 pensionnaire de l’Académie de France à Rome-Villa Médicis. En 2015 son premier long-métrage Ni le ciel, Ni la terre a été récompensé par le Prix de la Fondation Gan au Festival de Cannes – Semaine de la critique. Il a été nommé aux Césars 2016 dans la catégorie Premier film. Il a obtenu en 2016 le Prix Sciences Po pour l’art contemporain, ainsi que le Prix de la Fondation Ricard : deux de ses œuvres ont ainsi été sélectionnées pour intégrer la collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, et y sont présentées actuellement. Son travail a été exposé à l’été 2016 au Palais de Tokyo. Premier lauréat du Prix le BAL de la Jeune Création avec l’ADAGP, il présente son projet Braguino ou La communauté impossible au BAL ("plateforme indépendante d’exposition, d’édition, de réflexion et de pédagogie, dédiée à l’image contemporaine sous toutes ses formes") jusqu'au 24 décembre 2017. Un projet qui a également reçu la mention spéciale du Grand Prix de la compétition internationale du FIDMarseille en juillet dernier.

Les actus de la cité

Représentation des gestes et processus de création - 18e-21e siècles

09.11.2017
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La Cité internationale de la tapisserie présente, en partenariat avec l’université Clermont-Auvergne, le Centre de recherches sur les littératures et la sociopoétique et le Centre d’histoire Espaces et Cultures, une journée d’étude intitulée « Tapisserie et arts textiles. Représentation des gestes et processus de création du XVIIIe au XXIe siècle » et ouverte à tous. Découvrez le programme détaillé de cette journée.

Le jeudi 16 novembre prochain, cette journée d’étude pluridisciplinaire s’intéressera à la question de la représentation des gestes et techniques de la tapisserie et des arts textiles dans la littérature et les arts visuels, par exemple les planches d’encyclopédie, depuis le XVIIIe siècle.

Il s’agira de mettre en lumière ce que disent ces représentations de la réalité de ces savoir-faire, et ainsi de comprendre l’enjeu idéologique et symbolique de telles représentations : le choix du cadrage ou de la description est-il motivé par des intérêts esthétiques ? S’agit-il de représenter les « beaux gestes » aux dépens d’autres qui le seraient moins ? Les différents intervenants tenteront d’apporter des réponses à ces interrogations.

Cette journée d’étude est ouverte au public (entrée gratuite dans la limite des places disponibles ; le public est prié de ne rentrer qu’entre deux conférences).

Programme détaillé :

- 9h : accueil, par Emmanuel Gérard, directeur de la Cité de la tapisserie

- 9h15 : présentation de la journée, par Bruno Ythier, conservateur de la Cité de la tapisserie, et Jean-François Luneau, université Clermont-Auvergne

- 9h30 : «  À propos de passementerie : quelques incohérence entre article et planches de l’Encyclopédie », par Guy Scherrer, Lyon

- 10h25 : «  Fileuses à l’arrêt dans la poésie de Marceline Desbordes-Valmore », par Catherine Deplagne-Kouyoumdjian, université Clermont-Auvergne

- 11h10 : pause

- 11h30 : « La fabrication des tapis à travers les gravures et les photographies au XIXe siècle », par Juliette Ronsin, université Paris VII

- 12h15 : « La tapisserie, le mythe et l’allégorie : les Gobelins sous la Troisième République », par Zané Purmale, université de Bordeaux

- 13h : repas

- 14h30 : « Tapisserie ou broderie ? Des difficultés à décrire une pratique marginale de l’art textile au début du XXe siècle : l’exemple de Blanche Ory-Robin (1863- ca 1942), par Nathanaëlle Vimare-Tressol, université de Poitiers

- 15h15 : « 3524 nœuds de collisions humaines : les nœuds, les tissus, les tapisseries comme éléments de la théorie du cinéma de Serguei Eisenstein », par Olga Kataeva, université Paris I

- 16h : « Creation and Consumption : Victor Prouvé and Lorrain textiles at the 1925 Exposition », par Claire O’Mahony, Oxford

- 16h45 : Conclusions

Les actus de la cité

La recherche en "tapisserie d'extérieur" se poursuit

08.11.2017
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Lieu de création, d'innovation et de recherche, la Cité de la tapisserie propose régulièrement à des étudiants architectes, plasticiens, designers, de collaborer avec les élèves lissiers du Brevet des Métiers d'Art "Art de la tapisserie de basse lisse", à l'occasion de workshops. La Cité de la tapisserie accueille à la fin du mois des élèves de la Haute École du Paysage, d’Ingénierie et d’Architecture (HEPIA) de Genève autour de la thématique "tapisserie d'extérieur".

En 2016, s'est tenu un workshop international associant l'École nationale d'architecture et de paysage de Bordeaux, de l'École nationale supérieure d'art de Limoges, du diplôme supérieur d'arts appliqués du Lycée des métiers du design et des arts appliqués Raymond Lœwy de La Souterraine (Creuse) et de l'Académie des Beaux-Arts de Hangzhou (Chine). Ce workshop a mis en lumière un enthousiasme renouvelé des participants pour l’innovation "tapisserie d’extérieur", conduite par la Cité depuis 2013, dont un premier prototype a été tissé en 2015 même si la fibre utilisée demande encore des améliorations.

Poursuivant cet axe de recherche, la Cité de la tapisserie met en place un séminaire d'étudiants de la Haute École du Paysage, d’Ingénierie et d’Architecture (HEPIA) de Genève, qui travailleront en collaboration avec les élèves lissiers.

Il s’agira d’exploiter le potentiel de l’innovation "tapisserie d’extérieur" en approfondissant les résultats de l’étape précédente. En parallèle, la Cité a commandité un sourcing de matériaux afin de disposer d'une fibre pleinement adaptée à cet usage.

L'objectif de ce séminaire 2017, qui se tiendra du 23 au 25 novembre, est de parvenir à la rédaction d’un cahier des charges en vue d'un appel à projets mécéné "jeunes créateurs", en automne 2018, à destination d'étudiants et professionnels âgés de 35 ans au plus.

Les actus de la cité

La Tapisserie du Centenaire dévoilée aux Présidents français et allemand

07.11.2017
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La tapisserie officielle du Centenaire de la Première Guerre mondiale, œuvre "à quatre mains" de l'artiste allemand Thomas Bayrle et du lissier Patrick Guillot, a quitté Aubusson pour rejoindre le Haut-Rhin, où elle sera officiellement présentée ce vendredi à l'occasion de l'inauguration du premier historial franco-allemand par le Président de la République Emmanuel Macron et son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier.

Le 10 novembre prochain sera inauguré le premier Historial franco-allemand de la Grande Guerre, sur le site du Hartmannswillerkopf (Haut-Rhin), abritant l’un des 4 monuments nationaux de la Grande Guerre avec Douaumont (Meuse), Dormans (Marne) et Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais), ainsi qu’une nécropole, une crypte et un parcours scénographié sécurisé du champs de bataille. Cette montagne « mangeuse d’hommes », surnommée Vieil-Armand par les Poilus, a été le lieu de combats particulièrement meurtiers en 1915. Le nouvel Historial franco-allemand offre une vision large des événements de la Première Guerre mondiale en laissant toutefois une place centrale au Hartmannswillerkopf, afin de servir de lien avec le site et le Monument national voisin.

Ce jour-là également, la Tapisserie du Centenaire Pietà for World War I, tapisserie officielle du Centenaire de la Première Guerre mondiale, monument de plus de 20 m2 de l’artiste allemand Thomas Bayrle, sera présentée officiellement au public. La tapisserie a en effet quitté Aubusson pour rejoindre les cimaises de l'Historial.

Le projet, labellisé par la Mission du Centenaire 14-18, a été initié dès le début des commémorations en 2014 par la Mission du Centenaire 14-18 et le Syndicat mixte de la Cité internationale de la tapisserie, puis dans une démarche de partenariat avec le Comité du Monument national du Hartmannswillerkopf.

Une commande a d’abord été adressée à l’artiste Thomas Bayrle, grâce au mécénat du Groupe Würth. Le plasticien, qui vit et travaille à Francfort, pionnier du Pop Art, a proposé une Pietà poignante, figure de la mère pleurant son fils tenu entre ses bras, constituée par la répétition du même motif : une multitude de têtes de morts déclinées et étirées pour matérialiser les contours de la Pietà en trois dimensions. L'artiste a souligné l'importance de cette œuvre à ses yeux, conçue comme une excuse collective pour les victimes de la Première Guerre mondiale : la multitude de crânes qui esquissent la silhouette de la Pietà soutenant son fils représentant autant de pères, de frères, de maris et de fils morts sur champ de bataille.

La tapisserie a demandé 14 mois de travail à l’Atelier Patrick Guillot (Aubusson). Symbole de la capacité à commémorer ensemble le Centenaire de la Première Guerre mondiale, l’œuvre incarne un message d’amitié franco-allemande avec le dialogue entre l’artiste allemand et le lissier français.

Exposée durant les périodes d’ouverture de l’Historial (avril à novembre), elle rejoindra la Cité de la tapisserie pour la basse saison et y sera visible dès février 2018.

Le projet de la Tapisserie du Centenaire est financé par la Cité internationale de la tapisserie et soutenu par la Mission du Centenaire de la Première Guerre Mondiale, le Groupe Würth, La France mutualiste et la Fédération nationale André Maginot.

 

Au programme à la Cité de la tapisserie

La Cité de la tapisserie propose durant tout le week-end à Aubusson, au sein de son amphithéâtre, un programme en lien avec le projet et l'événement, avec notamment le suivi en direct de l’inauguration de l’Historial et de la présentation de la Tapisserie du Centenaire aux Présidents français et allemand.

Vendredi 10 novembre 2017

À partir de 14 h, inauguration de l’Historial

Accueil et historique du projet de partenariat avec le Comité du Monument national du Hartmannswillerkopf. 

Présentation du projet artistique de Thoams Bayrle, son histoire et le processus de création de la tapisserie, par Bruno Ythier, conservateur de la Cité de la tapisserie.

Diffusion d’un film sur la tombée de métier de la tapisserie le 9 juin dernier.

Présentation du projet pédagogique mené par l’enseignant Romain Bonnot avec ses élèves autour de la « Tapisserie du Centenaire ».

Suivi en direct de l’inauguration de l’Historial par le Président de la République Fédérale d’Allemagne et par le Président de la République française, avec la présentation officielle de la « Tapisserie du Centenaire ». Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Samedi 11 novembre 2017

15 h : « Conférence chantée »

La Première Guerre mondiale, racontée et chantée à travers des chansons populaires de l’époque. Prix libre.

Du 10 au 20 novembre 2017

Exposition « Propagande et réclame », proposée Guy Berlemont pour la section de la Mission du Centenaire de l’Amicale laïque d’Aubusson, grâce à un prêt de la Ville de Saint-Junien

Parce que la Grande Guerre n’a pas été qu’un conflit de batailles et de stratégies, mais aussi celui des façons de penser, l’exposition se donne pour ambition d’apporter un éclairage sur cette guerre des esprits. En accès libre dans l’amphithéâtre.

Et durant tout le week-end, découvrez la vidéo de la tombée de métier de la Tapisserie du Centenaire  projetée dans l’amphithéâtre.